Les 48H de Greg

Une nouvelle expérience de l'extrême raconté par notre ami Greg.Si vous le croisez sur une course n'hesitez pas à aller lui dire 2 mots et vous aimerez encore plus l'esprit qui règne sur ces épreuves du dimanche matin.

48 HEURES D’ANTIBES AVANT : Il reste une semaine avant de rejoindre les coureurs du 6 jours d’Antibes. Une semaine que je vais mettre à profit comme je peux…Comme toutes les premières j’ai toujours un peu d’appréhension, pas réellement du stress mais toujours ce sentiment, coincé entre l’excitation et l’inquiétude. Ca y est c’est Dimanche 6 juin, je regarde le suivi en live et j’y suis déjà. Quelques jours avant, je « désacralise » sur les conseils de Bixente Lizarazu. A chaque fois que l’on m’en parle ou que j’y pense ; une plaisanterie me vient, ça remet les choses à leur place. Avec trois 24 heures et quelques trails longs à mon actif, je me sens vraiment comme un débutant.PENDANT : Physiquement : J’ai eu quelques passages où courir n’était pas envisageable mais dans l’ensemble quand j’ai couru c’était plutôt facilement, avec les vitesses les plus élevées entre la 40eet la 48e heure, à la fin donc ! Faut dire que je suis parti bon dernier et en marchant le premier kilomètre (mon premier challenge). Après sur la notion d’objectif kilométrique, je suis heureux d’avoir dépasser 200 km mais surtout d’avoir peu perdu de vitesse le 2e jour, et surtout d’avoir fini avec panache sans trop piocher ! Mentalement : Je ne sais pas ce que j’étais venu chercher mais je l’ai trouvé. Depuis, je me sens prêt pour tailler de longues routes. Une sorte d’électro-choc c’est produit vers 40 heures de course quand j’ai pu courir à plus de 11 km/h, je me regarde courir et me dit c’est pas vrai c’est pas moi ! Depuis, je rêve de la Nove-Colli et à la mini-Mil’Kil pour l’année prochaine et je fantasme, j’imagine, je divague sur la Transe Gaule…Bref, un mental de guerrier mais tout en restant zen. Particulièrement pour ces 48 heures, j’ai compris qu’il faut se fixer de petits objectifs et surtout se faire des petits cadeaux dès quand on les atteints. Parmi mes cadeaux : douche, massage, « vraie » pause, coup de téléphone, photo… Au niveau digestif : J’ai fait une grosse erreur la première nuit car je me suis endormi, assis avec le haut du corps couché sur la table donc plié en deux. Résultat, 10 minutes plus tard, je me retrouve à quatre pattes la tête dans le gazon à me demander si mon estomac veut déjà me quitter. Boosté par Xavier, mon coach, je repars avec une démarche de zombie puis j’entreprend de traverser mon petit désert. Deux heures assez difficiles. Le reste du temps pas de souci, j’effectue un bon ravitaillement, très régulier, j’ai mangé du salé, dés le début, ce qui m’évitera l’allergie classique au sucre. Et je m’octroie plusieurs pauses « glace au citron » , le paradis quand il fait chaud ! L’organisation est vraiment au top ! Bon, à la vitesse ou je me traîne c’est plus facile d’avoir un bon confort digestif. Sommeil : Donc pour la première nuit, j’ai somnolé dix minutes pas terribles. Toutefois, il n’y a pas de souci dans la première journée. La deuxième nuit, je me suis dit : « dès que tu titubes à moins de 5 km/h, tu dors ». Résultat, je sens la fatigue venir vers 2 heures matin. Je me couche et dors parfaitement 20 minutes. Au réveil, je saute dans les baskets, je suis parfaitement reposé. Ah oui, je me suis offert une petite douche à 24 heures de course (mon cadeau à 2 tours d’horloge !) parce que comme disait mon capitaine « cela vaut 2 heures de sommeil ! »…il avait raison ! APRES : J’ai vraiment l’impression d’avoir vécu une compétition de haut niveau, en fait, il y avait du beau monde que ce soit sur 6 jours, 48 ou 24 heures. Des « personnages » simples mais uniquement des grands champions, au pedigree très impressionnant, et surtout des gens abordables et très sympas. Personne n’a la grosse tête et tu peux parler avec tout le monde tant que tu peux suivre le tempo de ton interlocuteur. En tous les cas, j’ai reçu une grande leçon d’humilité surtout grâce aux coureurs des 6 jours. Tu regardes leurs sourires, ils ont l’air illuminés ! et toi, tu peux plus te plaindre… Voilà plus de deux semaines maintenant que les 48 heures d’Antibes ont pris fin pour moi. La durée idéale pour digérer cet événement. Ce fut le point d’orgue d’une saison 2010, assez riche. C’est toujours le hasard qui amène sur ce type de course, le fait de vouloir gravir son Everest à soi. Il me faut garder un peu d’humilité mais je suis heureux de ma première marque. A coup sûr, c’est une course qui restera à jamais dans ma mémoire. Aujourd’hui, j’ai repris le chemin normal de ma vie. Elle me paraît un peu fade au rythme « trop normal » et j’ai encore la tête à Antibes. L’envie de courir est toujours présente malgré la fatigue mais sans courbatures importantes ou douleurs difficiles à supporter. Le manque de sommeil est toujours présent mais s’estompera bientôt. Je reprends l’entraînement avec un plaisir immense et une envie décupler par les bonnes sensations. Je vais faire attention car l’envie n’est pas tout mais je vais bien. Greg-heureux-de-tutoyer-le-bonheur

 

Les 6 jours d'Antibes