Marathon de New-York 2009

newyorkExpérience inoubliable, vieux rêve de gamin, New York me faisait fantasmé depuis des années et elle le valait bien. Ce marathon mythique a une ambiance fabuleuse qui prend aux tripes et donne des frissons, tout ce que l'on a pu dire ou écrire à son sujet est vécu sur place, du plaisir en barres.Cela commence dés 5h du mat (pas de soucis avec le jet-lag) ultimes préparations et contrôles, puis le bus pour le départ vers le Verrazano Bridge et la longue attente de 3h40 sous une tente à la densité de population internationale pleine de ferveurs et d'impatiences. Je partage mon dos avec un Portoricain de 70 ans qui fait son premier marathon ( moi aussi d'ailleurs, j’avais toujours su qu'il serait le premier).L'heure approchant c'est le départ sous les applaudissements de la horde que les handisports s'élancent pour leur défi à la vie. FRISSONS. La ligne de départ enfin, la tension monte et le moindre prétexte est bon pour faire réagir la foule transie de froid qui tombe les frusques abandonnées au dernier moment. D’un coup le silence se fait et c'est l'hymne Américain chantée à capella enchainé par New York New York à donf...boudi..je sais plus pourquoi j'ai la chaire de poule! J’entends le gars a cote de moi qui se chuchote comme pour s'en persuader New York, merde il me file une terrible sensation, le dos se cambre, le torse qui se gonfle et je prends un plein bol d'air frais dans les poumons pour expirer tout mon plaisir. C’est bon de se nourrir de ça!Verrazano Bridge, cette image tant de fois vu...j'y suis!Le froid d'abord, les courants d'air du pont, le silence, juste le bruit de milliers de chaussures martelant la route, un rythme comme une cadence, un battement, reprendre ses esprits, se calmer voilà ce à quoi on pense dans ses premiers miles. C’est sans compter sur le public que l'on commence à voir clairsemée puis avec une densité plus forte. Et la musique, à certains endroits des groupes sont installés tous les 400m et croyez moi, ils ne jouent pas du blues. La traversée des Burroughs est un spectacle en soit, l’alternance de la ferveur et de l'indifférence, puis 4 fois plus de monde comme pour nous dire: c’est bon les gars on est à nouveau là, ne lâchez rien.Le plus fort moment pour moi aura été le passage du Queensboro bridge, à nouveau ce silence et ses bruits de chaussures et de souffles plus saccadés cette fois. A cet endroit ils nous mettent un panneau d'avertissement: Attention vous rentrez dans une zone HIGH ENERGY ?? La réponse ne se fait pas attendre, la foule énorme crie, encourage, exulte lorsque l'on réagi, il y a t il une overdose possible d'adrénaline?Central Park (tout ces noms sont gravés en moi depuis si longtemps) 2 miles encore...ca fait bien longtemps que j'ai oublié mon objectif de chrono, le séjour depuis mardi à puiser dans mes ressources de marathonien de façon excessive. Quelle importance? Ce n’est pas demain que je reviendrais et le marathon aura été à la hauteur de sa réputation. Bref, après un rapide calcul, je m'aperçois qu'il faut quand même que je me secoue pour finir sous les 4H.Le tableau final est magique, l’automne a donné ses belles couleurs aux arbres du parc, le public est déchainé, on me crie Go green boy (ce n’est pas ma tronche, c’est mon t-shirt qui est vert) j’accélère et passe la ligne en me touchant le cœur en 3H59'57''.Les New-Yorkais ont l’habitude de dire: If you can make it there, you’ll make it anywhere.