Marathon des Sables

MDSEpreuve à part dans le monde de l’ultra, le Marathon des Sables 2009,éveil dans mon imaginaire du désert, l’épopée de l’aéropostale, St Exupery, les caravanes de sel, les razzia et la fierté des hommes bleus. Aujourd'hui ce sont des pelotons de fondus de l’ultra qui courent en une semaine plus de 200Km en autonomie alimentaire, l’esprit ouvert à l’aventure.

La préparation doit être méticuleuse, tant au niveau mental, physique que matériel. Les conseils d’anciens sont précieux sur de minuscules détails qui une fois sur place prennent une ampleur démesurée. Pour moi, le plus important reste la passion, l’aventure humaine. Il y a autant de désirs, de questionnements, d’attentes, qu’il y a de concurrents. Egocentrique, clochards célestes, charité, générosité…la liste des motivations est longue.
Il a fallut du cœur à Patrick Bauer, Directeur de course, et à son équipe pour réorganiser au jour le jour un travail de plusieurs semaines détruit en 48h par des orages diluviens sur le parcours. Cet homme là à de l’expérience et connaît la mentalité de la troupe de lascars qu’il guide dans le désert, il connaît la valeur de notre préparation, les sacrifices familiaux, financiers, il sait que nous ne sommes pas là pour dormir dans des hôtels 4* et si l’aventure s’avère indécise nous la préférons 100 fois au retour dans nos foyers le ventre bien rempli et un bronzage de bords de piscines. On vous a fait confiance, on vous a donné carte blanche, on a mis au fond de notre sac le superbe Road book périmé et que vive la course Hors Stade…Inch’Allah.
Le bivouac est un village où la vie foisonne dans la passion de l’effort, c’est un concentré de valeurs humaines, j’ai eu le plaisir de partager la tente d’un ami et du père d’une petite fille atteinte d’une maladie orpheline, ils couraient pour faire connaître leur combat, le combat, la fraicheur, la bonne humeur n’a jamais quitté notre tente malgré les difficultés de la semaine, leur complicité, leurs plaisanteries ont honoré le soleil du prénom de Chloé. La tente voisine était occupée par une équipe de Pompiers de Paris regroupé dans l’association Pompier Raid Aventure dont leur but est d’emmener avec eux des enfants atteints de maladie, vivre une semaine exceptionnelle. Alors, eux, ils m’en ont foutu plein la vue, ils ont du suer sang et eau pour franchir tous ces Km, les obstacles de sables et de pierres, en tirant et poussant une Joelettte mais ils arrivaient toujours soudés avec un moral en acier trempé et humilité .Belle leçon d’une bien jolie valeur.

L’humilité ne consiste pas à se considérer inférieur mais à être affranchi de l’importance de soi. C’est un état de simplicité naturelle qui est en harmonie avec notre nature véritable et permet de gouter la valeur de l’instant present. C’est une façon d’être et non de paraître

Messieurs, je vous dis Bravo et Merci, je n’ose même pas parlé de l’exploit sportif car c’est grâce à des actions comme celle là et à des gars comme vous que le sport à, parfois, des lettres de noblesse.
Ce qu’il y a de merveilleux, de magique, c’est que des histoires comme celle là il y en a plein, petite ou grande, nous avons tous notre victoire sur nous même, car nous avons tous traversé de grands moments de solitudes, de fatigues extrêmes, de découragements, de lassitudes, d’impossibilité d’avaler quoique ce soit liquide ou solide, des pieds douloureux et gonflés(tels des Hobbits), d’égarements dans la nuit à la recherche de le faible lueur du bâtonnet lumineux accroché dans le dos du gars aussi paumé que nous qui nous précède. Mais dans ces instants, aussi longs soient- ils, quelque part dans un fond de lucidité, on sait que c’est le prix à payer pour voir sur ces visages, dans ces yeux cernés, brillé une faible lueur, trace de notre inconscient qui brillera de mille feux au souvenir de ces mots d’encouragements échangés avec le gars que l’on a fini par rattrapé, par cette pause pour souffler un peu où l’on lève la tête et vu brillé ce ciel constellé d’étoiles dans un silence absolu, de cette petite Gerboise figée par ma frontale, rencontre incongru avec la bestiole qui a inspiré Didl, les tapes dans les mains des enfants Marocains, les sourires des bénévoles toujours disponibles pour un mot gentil et ce magnifique concert de l’orchestre philarmonique de Paris, Moment d’éternité… . Ce sont ces petits trésors éphémères que l’on vient chercher dans le désert et comme le dit Nicolas Bouvier

Et finalement, tous ces Km, ces nuits froides à dormir sur des cailloux, à manger des plats déshydrater passent trop rapidement, le corps s’est adapté, les muscles ont oublié les courbatures du premier jour, la solidarité et l’amitié sont devenues complices, nous avons pris le rythme mais c’est déjà fini. La joie, les victoires personnelles, les réponses sont arrivées, du premier au dernier nous avons dépassé nos limites et vécu une aventure humaine exceptionnelle et unique car chaque édition est différente.

Merci M. Bauer, merci à toute votre équipe, aux bénévoles, à mes compagnons de tente avec qui j’ai une histoire en commun (nous nous retrouverons sur la route…), merci pour la beauté épurée des paysages, merci pour toutes ces belles choses enfouies au fond de nos souvenirs qui font ce que l’on est.